A quand le dégel républicain ?

Il existe 5 millions de personnes handicapées en France qui constituent la plus grande force en puissance dans notre pays et dont il convient de prendre en compte le droit à la compensation.

On estime à 1 500 000 le nombre de personnes ayant besoin d’une aide à domicile. Que comptent faire les décideurs pour répondre aux attentes d’une cause trop souvent occultée ?

A l’heure d’un gel républicain bloquant le progrès social, tout laisse craindre une non revalorisation des différentes allocations d’aide sociale. Peut-on espérer que l’Etat revienne sur cette position ?

L’Allocation aux Adultes Handicapés ne dépasse pas 569 € par mois, soit à peine plus que le RMI. Quand l’Etat prendra-t-il l’engagement de porter cette allocation à 80% du SMIG brut ?

L’Allocation Compensatrice Tierce Personne ne permet à son taux maximal que de rémunérer 2h 22 d’auxiliaire de vie par jour à domicile. Sans oublier par ailleurs les besoins d’accueil en collectivité. Toutes les études associatives s’accordent à reconnaître une nécessité minimale de 6 heures par jour pour permettre aux handicapés les plus dépendants de bénéficier d’une réelle autonomie à domicile.

Quand les autorités départementales généraliseront-elles la mise en place d’un déplafonnement atteignant 200 % et 6 heures d’aide par jour comme dans les Pyrénées Atlantiques et ailleurs ?

La décision interministérielle du 11 Mars 2002 prévoyant l’accroissement des crédits d’aide à domicile pour les plus dépendants sera-t-elle mise en application par les Pouvoirs Publics ? Seuls 20% des intervenants à domicile ont bénéficié d’une formation. Le décret du 26 mars 2002 met en place un diplôme d’Etat d’auxiliaire de vie sociale. Alors quelle accélération pour ce processus ?

Quel financement pour concrétiser ces formations essentielles et quelle reconnaissance véritable avec un statut à la clé pour ces professionnels aussi indispensables que méconnus ?

La Démarche Soins Infirmiers risque de pénaliser les usagers en les privant de leurs concours habituels. Que compte faire l’Etat pour leur sauvegarder les mêmes actes à domicile ? Quelle solution pour les quotas, en particulier pour les infirmières et les kinésithérapeutes, limitant la quantité des actes à domicile au détriment des usagers handicapés ainsi pénalisés ? Les entreprises ne respectent pas les obligations d’embauche qui ne dépassent pas 4 %, au lieu des 6 % requis. Quand donnera-t-on aux personnes handicapées leur vraie chance d’emploi ? Quand la société apportera t-elle aux accidentés de la vie une éducation égalitaire, une accessibilité sans obstacle, des transports adaptés, une culture pour tous et les conditions d’une vie libérée ? A la veille de l’Année Européenne du Handicap 2003, les personnes handicapées et autres exclus aspirent légitimement à s’extraire de leur quarantaine pour vivre enfin leur vraie citoyenneté. Quand le gel républicain sera-t-il suivi d’un vrai dégel ? A quand les introuvables nouveaux postes d’auxiliaires de vie, les ressources décentes adéquates et les conditions d’un réel mieux vivre ? Il appartient aux élus de la République de dénouer une situation qu’ils ont eux-mêmes créée par carence ou même par indifférence face à des problématiques jugées non prioritaires.

Dans le cas contraire, les personnes handicapées seraient équitablement en droit de porter plainte pour indifférence et non assistance à personnes en danger afin de vaincre leur exclusion.

A Hauteur d'Homme

MAJ : 11-08-04