Les personnes handicapées en quarantaine

« A Hauteur d’Homme » est un Espace Inter Handicap Européen rassemblé pour permettre aux associations et aux particuliers de réaliser des projets collectifs et concrets afin de répondre aux attentes prioritaires des personnes handicapées ou en difficulté sociale. Avec 53 associations partenaires de France, d’Europe et d’Afrique, plus de 200 adhérents à ce jour, 60 correspondants internationaux et le soutien de 75 éminentes personnalités, notre collectif constitue une force unie devant les pouvoirs publics et de dimension européenne.

Pour leur propre part, les personnes handicapées veulent instamment que leur soient restitués tous les éléments nécessaires à leur autonomie, à leur existence et à leur libre choix dans le cadre d’une compensation globale des inconvénients de leur atteinte.

Trois urgences fondamentales constituent l’actualité des combats de « A Hauteur d’Homme » : l’extrême précarité des ressources, l’insuffisance flagrante des aides humaines et le manque de financement des aides techniques.
Nous incarnons un combat et une problématique que toutes les récentes consultations nationales ont hélas grandement occultés, malgré la priorité sociale représentée pour sortir de l’exclusion.
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Or, le handicap concerne 5.000.000 de personnes en France, 40.000.000 dans l’Union Européenne et plus de 600.000.000 dans le monde, toutes atteintes confondues, qui demandent avec force leur place égalitaire dans une société respectant leurs droits et leur différence.

L’allocation aux adultes handicapés ne dépasse pas 569 euros par mois, soit à peine plus que le RMI. Devant cette injustice financière empêchant tout individu de vivre dans des conditions normales, l’Etat prend-il l’engagement de porter graduellement le montant de cette allo-cation à 80% du SMIG brut, dans un souci de décence élémentaire ?

Une récente étude estime à 1.500.000 le nombre de personnes en France ayant besoin d’une aide humaine à domicile. Que compte faire le Département pour répondre à cette attente, en particulier dans le cadre du plan Jospin prévoyant 3000 postes d’auxiliaires de vie en 3 ans ?

L’Allocation Compensatrice Tierce Personne ne permet à son taux maximum que la rémunération de 2 h 22 d’auxiliaire de vie par jour. La décision interministérielle du 11 mars 2002 prévoyant l’accroissement substantiel des crédits d’aide à domicile pour les plus dépendants sera-t-elle mise en application par les pouvoirs publics ?

Le Département des Pyrénées Atlantiques a mis en place le déplafonnement de l’ACTP à plus de 200% pour les personnes les plus lourdement atteintes. En prenant comme promis la même initiative déjà mise en place dans 15 Départements, le Conseil Général de Gironde pourrait-il promouvoir ainsi une généralisation de cette mesure, en faisant jurisprudence au niveau national ?

La Démarche Soins Infirmiers telle que prévue, risque de pénaliser gravement les personnes handicapées en les privant de leurs concours habituels. Que comptent faire les pouvoirs publics pour permettre aux personnes à mobilité réduite de bénéficier des mêmes actes à domicile ?
On estime à 20% seulement le nombre de personnes intervenant à domicile ayant bénéficié d’une formation. Le décret de 26 mars 2002 met en place un diplôme d’Etat d’auxiliaire de vie sociale. Alors quel financement pour concrétiser ces formations essentielles et quelle reconnaissance véritable avec statut à la clé pour ces professionnels aussi indispensables que méconnus ?

De manière générale, les personnes handicapées et tous les autres exclus de la société laissés pour compte aspirent légitimement à être libérés de la quarantaine qui leur est imposée, pour atteindre de meilleures conditions de vie, une égalité de chances et une pleine citoyenneté.

Communiqué « A HAUTEUR D’HOMME »

Bordeaux, le 9 juin 2002

MAJ : 11-08-04